vendredi 4 mars 2011

le débat controversé sur la laïcité

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Jean-François Copé assure que le débat controversé sur la laïcité et l'organisation d'un islam de France aurait bien lieu comme prévu à l'occasion d'une convention UMP, le 5 avril à Paris, et donnerait lieu à une série de «propositions très concrètes».

Jean-François Copé assure que le débat controversé sur la laïcité et l'organisation d'un islam de France aurait bien lieu comme prévu à l'occasion d'une convention UMP, le 5 avril à Paris, et donnerait lieu à une série de «propositions très concrètes». | Fred Dufour Zoom

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Alors que s'ouvre à l'UMP un débat sur la laïcité et la place de l'islam en France, critiqué à gauche mais aussi dans la majorité, Jean-François Copé décline les «questions concrètes» qui seront abordées. Une première réunion publique doit se tenir vendredi à Troyes, avant une convention sur le sujet prévue le 5 avril.

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Dans une interview au«Figaro.fr», le patron de l'UMP souligne qu'il «n'a jamais été question d'un débat sur l'islam ! Le point de départ, c'était d'avoir une réflexion sur notre pacte républicain. Avec le débat sur l'identité nationale, nous avions fait le constat que la nation française se fissurait en silence. Il s'agit maintenant, après le diagnostic, d'aller aux propositions et de définir ensemble ce que veut dire une laïcité moderne en 2011 et, dans cette République laïque, comment construire un islam de France.» Il juge «absurde» le reproche selon lequel les musulmans seraient stigmatisés.

Au menu du débat controversé : «Je pense par exemple à la compatibilité des cantines publiques avec des prescriptions religieuses», indique le secrétaire général de l'UMP au Figaro.fr «Je souhaite que l'on parle aussi de la formation et de la rémunération des imams, du prêche en français», jeudi.

«Les mamans qui encadrent les sorties scolaires ne doivent pas porter le voile»

La «question des piscines» sera également abordée lors de la convention qu'organisera l'UMP sur le sujet le 5 avril. L'occasion pour Copé de lancer une pierre dans le jardin de la patronne du PS. «J'ai été profondément choqué que Martine Aubry, maire (PS) de Lille, ose faire un détour par rapport aux principes de la République, selon ses mots, pour réserver des créneaux aux femmes musulmanes en exigeant, pire encore, de n'employer à ces heures que du personnel féminin», a-t-il dit, en référence à une décision de la dirigeante socialiste sur une piscine au début des années 2000.

Autre sujet : «Pour les mamans qui encadrent les sorties scolaires, je soutiens totalement la position du ministre de l'Éducation, Luc Chatel. Elles ne doivent pas porter le voile», déclare encore Copé. Pour Chatel, les mères d'élèves accompagnant des sorties scolaires ne doivent pas montrer de signes religieux ostentatoires comme le voile, une position qui tranche avec celle de ses prédécesseurs.

La gauche dénonce un débat «inutile et dangereux»

A gauche, les critiques pleuvent sur ce débat. Et ce alors que Nicolas Sarkozy a appelé, jeudi, à «assumer sans complexe» l'héritage chrétien de la France.

Interrogé sur France 24, Laurent Fabius, ancien Premier ministre socialiste, a estimé jeudi qu'alimenter le débat à propos des musulmans est une «mauvaise action» de Nicolas Sarkozy. A ses yeux, «la France mérite mieux que cette politique». Selon le député de Seine-Maritime, «ils grandissent le terme de laïcité, mais le sous-entendu est : Les musulmans n'ont pas leur place en France».

Bertrand Delanoë, maire socialiste de Paris, estime sur son blog que le débat sur la laïcité et la place de l'islam que l'UMP doit organiser, en avril, à la demande de Nicolas Sarkozy est «inutile et dangereux». «D'abord parce qu'il ouvre la boîte de Pandore de la surenchère idéologique à laquelle malheureusement (...) la droite traditionnelle a du mal à résister. Ensuite, parce que cette surenchère idéologique n'a qu'un seul effet : placer le Front national au centre du jeu», juge le maire de Paris. Selon lui, «croire que si la droite ne s'empare pas de ces thèmes, le Front national remontera est une illusion. C'est le contraire que l'histoire démontre: la reproduction est toujours, si l'on ose dire, moins réussie que le modèle».

Claude Bartolone, député, président PS du conseil général de Seine-Saint-Denis : «En fragmentant la société, en distinguant les bons Français des autres, en soumettant certains de nos concitoyens à un débat sur l’islam dont on perçoit déjà les relents nauséabonds, Nicolas Sarkozy remet en cause le socle laïc sur lequel repose notre pays depuis plus d’un siècle ...».

Le Parti communiste estime que «le président de la République vient d'inventer la laïcité double-face. Face A, il stigmatise l'islam et les musulmans. Face B, il glorifie le catholicisme et cherche à flatter grossièrement les chrétiens (...). Il n'en finit pas de s'empêtrer dans un numéro de duettiste insupportable et délibéré avec Marine Le Pen». Et le PCF ajoute: «nous condamnons ces manoeuvres lamentables. Nous appelons tous les croyants à refuser d'être instrumentalisés dans leur foi par un président aux abois».