Le nouveau premier ministre tunisien, Béji Caïd Essebsi, aurait accepté l'idée de mettre en place une Assemblée constituante, prônée par un collectif de partis et d'ONG. Cette décision n'a, pour l'heure, pas été confirmée, et le porte-parole du gouvernement, Taïeb Baccouch, était injoignable dans l'après-midi.
Cette Assemblée constituante est une idée phare du Conseil de la protection de la révolution, un collectif formé de quelque 14 partis politiques, de la puissante Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) et d'organisations de la société civile.
Ahmed Néjib Chebbi, ministre démissionnaire du développement régional, a assuré que le président de la république par intérim, Foued Mbazaa, "ne prolongera pas son mandat", qui expire à la mi-mars selon la Constitution, mettant en garde contre le risque d'un "vide constitutionnel" dans le pays.
VAGUE DE DÉMISSIONS AU SEIN DU GOUVERNEMENT TUNISIEN
Le départ d'Ahmed Néjib Chebbi du gouvernement s'ajoute à la démission du ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Ahmed Ibrahim, ce mardi 1er mars. Selon Reuters, qui cite la radio privée Shems FM, Elyes Jouini, ministre chargé des réformes économiques et sociales, a lui aussi présenté sa démission ce mardi.
Lundi, c'était au tour du ministre de l'industrie et de la technologie, Mohamed Afif Chelbi, et du ministre de la coopération internationale, Mohamed Nouri Jouini, d'annoncer leur démission. Dimanche, c'est Mohamed Ghannouchi qui avait été remplacé à son poste de premier ministre par Béji Caïd Essebsi.
LE MOUVEMENT ISLAMISTE ENNAHDA LÉGALISÉ
Le mouvement islamiste tunisien Ennahda pourrait tirer parti de cette confusion gouvernementale. Largement réprimé sous le régime de l'ex-président Zine El Abidine Ben Ali, le parti vient d'être légalisé, trente ans après sa fondation. Cette initiative permettra à Ennahda de se présenter aux prochaines élections législatives.
Le dirigeant du parti Ennahda, Rachid Ghannouchi, à son arrivée à l'aéroport de Tunis, dimanche 30 janvier.
Le dirigeant du parti Ennahda, Rachid Ghannouchi, à son arrivée à l'aéroport de Tunis, dimanche 30 janvier.AFP/FETHI BELAID
Rached Ghannouchi, leader du parti, est rentré fin janvier en Tunisie après un exil de vingt ans à Londres. Il avait fondé Ennahda (Renaissance) en 1981 avec des intellectuels inspirés par les Frères musulmans égyptiens.
A 69 ans, Rachid Ghannouchi est considéré comme un modéré. Son organisation est perçue comme moins conservatrice que les Frères musulmans égyptiens, et se dit proche idéologiquement du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir en Turquie.
Pour en savoir plus :
* Un article de Tunisie Soir explique les revendicatons du Conseil pour la protection de la révolution
* Une interview publiée dans L'Express permet de cerner la personnalité de Rachid Ghannouchi
Un immigré tunisien tente de s'immoler par le feu
Un immigré tunisien a tenté de s'immoler par le feu, mardi 1er mars, dans la cour d'un commissariat de police à Turin (Italie). Un acte survenu juste après le rejet de sa demande de permis de séjour en raison d'un antécédent judiciaire pour vol. Un Italien et un Brésilien qui se trouvaient dans la cour au même moment se sont précipités pour éteindre les flammes. Atteint de brûlures au deuxième degré au cou, le ressortissant tunisien a été hospitalisé.
Ce geste de désespoir est intervenu alors que l'Italie fait face à une nouvelle vague d'immigration en provenance de Tunisie, notamment sur l'île de Lampedusa, au sud de la Sicile, depuis la chute du président Ben Ali à la mi-janvier.