mercredi 2 mars 2011

La situation à la frontière entre la Libye et la Tunisie a atteint un niveau de "crise"

La situation à la frontière entre la Libye et la Tunisie a atteint un niveau de "crise" après le passage de 70 000 à 75 000 personnes fuyant la répression de Tripoli depuis le 20 février, s'est alarmé, mardi, le Haut Commissariat des Nations unies aux Réfugiés (HCR). "Nos équipes à la frontière entre la Libye et la Tunisie nous ont expliqué ce matin que la situation y atteignait un niveau de crise", a expliqué une porte-parole du HCR, Melissa Fleming, lors d'un point de presse.

"Des dizaines de personnes attendent d'être emmenées au plus vite (ailleurs en Tunisie, ndlr) alors que nous nous attendons à ce que 10 000 à 15 000 personnes arrivent aujourd'hui" depuis la Libye, a poursuivi Melissa Fleming. Elle a ajouté que "selon les autorités tunisiennes, 70 000 à 75 000 personnes" avaient fui la Libye pour se réfugier en Tunisie depuis le 20 février. "Quelque 14 000 personnes ont traversé la frontière hier, le nombre le plus élevé jusqu'à présent", a insisté la porte-parole.

"Scènes de chaos"

Melissa Fleming a indiqué que le bureau du HCR à Tripoli demeurait ouvert et fonctionnait avec une équipe locale qui reçoit des appels désespérés de réfugiés et de demandeurs d'asile pris au piège en Libye. Le HCR s'inquiète plus particulièrement du sort de certains migrants originaires d'Afrique subsaharienne qui sont empêchés de franchir la frontière.
Ce sont "ceux qui ont le plus peur en ce moment", a insisté la porte-parole de l'agence de l'ONU, faisant état de messages provenant de personnes se disant "attaquées par des locaux qui disent qu'ils sont des mercenaires". "Nous craignons que le racisme joue un rôle", s'est-elle inquiétée, appelant à ce que "toutes les frontières, terrestres, aériennes ou maritimes (soient) ouvertes d'une manière non discriminatoire pour quiconque cherche à fuir."

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a de son côté fait état de "scènes de chaos" aux frontières. La porte-parole de l'organisation, Jemima Pandya, a expliqué que d'autres groupes de migrants à la frontière tunisienne dont des Népalais, des Ghanéens, des Nigérians, "avaient un besoin urgent d'aide", étant forcés de dormir dehors dans des "températures glaciales