mercredi 2 mars 2011

La Russie n'est pas prête à tout pour défendre ses intérêts en Libye

La Russie n'est pas prête à tout pour défendre ses intérêts en Libye, notamnent militaires. Des sources au Kremlin appellent même Mouammar Kadhafi à quitter le pouvoir, alors que l'insurrection est entrée dans sa troisième semaine. «Nous considérons que, même si Kadhafi parvient maintenant à maîtriser la situation, c'est un homme politiquement mort qui n'a pas sa place dans le monde contemporain civilisé», déclare une source citée par l'agence Interfax.

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Cette même source laisse entendre qu'elle reflète ainsi la position du président russe, Dmitri Medvedev. Dès le début de la révolte en Libye, souligne-t-elle, celui-ci a «réagi négativement» à la sanglante répression des manifestations d'opposants. Le 25 février, il avait condamné «le recours à la force» contre des civils en Libye et indiqué que toute nouvelle violence serait considérée comme «un crime» au regard du droit international. «Nous adhérons aux sanctions (contre le régime de Tripoli. ndlr) car nous considérons que les agissements du pouvoir en Libye sont inadmissibles» ajoute cette source.

«Nous n'allons pas sacrifier des gens pour des armes»

Dans un premier temps, la Russie était réticente à se joindre aux condamnations occidentales des violences en Libye. Samedi, cependant, elle a approuvé une résolution de l'ONU imposant des sanctions sévères incluant un embargo sur la vente d'armes et de matériels connexes à la Libye. «Nous n'allons pas sacrifier des gens pour des armes», explique la source au Kremlin. Après l'adoption de sanctions par l'ONU, Moscou pourrait perdre près de 4 milliards de dollars au titre de contrats militaires non honorés en Libye.

La Russie et la Libye ont entretenu des relations étroites durant la guerre froide. Au cours de la période 1981-1985, l'Union soviétique avait fourni à Tripoli quelque 350 avions de combat. La Russie tente de préserver les livraisons de ses équipements militaires au Moyen-Orient malgré les révolutions et les soulèvements sociaux qui secouent la région. En fin de semaine dernière, le ministre russe de la Défense, Anatoli Serdioukov, s'est inquiété de l'impact des révolutions arabes sur les exportations d'armes russes.