mardi 1 mars 2011

Un exil de Kadhafi est "une possibilité" pour mettre fin à la révolte sans précédent qui secoue la Libye

Un exil de Kadhafi est "une possibilité" pour mettre fin à la révolte sans précédent qui secoue la Libye, a estimé lundi le porte-parole de la Maison-Blanche, selon qui les États-Unis "étudient" l'éventuelle imposition d'une zone d'exclusion aérienne dans ce pays. Lors d'une courte conférence de presse, Jay Carney s'est toutefois refusé à "spéculer" sur la possibilité de voir les États-Unis contribuer à un tel exil. "L'exil serait tout à fait une possibilité pour produire le changement" réclamé par les manifestants descendus depuis deux semaines dans les rues du pays, a indiqué Jay Carney, en répétant que le colonel Muammar Kadhafi devait "s'écarter" du pouvoir, comme l'avait déclaré pour la première fois samedi le président américain Barack Obama. Jay Carney a également affirmé que les États-Unis étaient en contact avec des groupes de la rébellion en Libye, mais qu'il était "prématuré" d'évoquer une reconnaissance de l'un ou de l'autre par Washington.

Le porte-parole a, par ailleurs, confirmé que l'idée d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, destinée à empêcher le régime de Muammar Kadhafi d'attaquer sa population, était à l'étude. "Nous avons dit qu'une zone d'exclusion aérienne était une possibilité que nous étudiions activement et dont nous discutions avec nos alliés et nos partenaires", a précisé Jay Carney, au moment où la secrétaire d'État Hillary Clinton se trouvait à Genève. "Nous réfléchissons activement à une zone d'exclusion aérienne (...), l'idée a été discutée", a expliqué à Genève un haut responsable américain requérant l'anonymat. "L'intérêt pour cette question (dans les médias) ne se retrouve pas dans les réunions", a-t-il pourtant aussitôt tempéré : "Cela reste un petit élément de la discussion."

Les États-Unis et leurs alliés européens et de l'Otan ont débattu lundi à Genève, en marge du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, des moyens de mettre fin aux violences en Libye et de hâter le départ du pouvoir du colonel Kadhafi. C'est le besoin de coordination, notamment entre les sanctions, qui a dominé ces débats, a souligné un autre responsable américain. Une zone d'exclusion aérienne "est un outil potentiel", mais "il a aussi des risques et des inconvénients", ont dit les responsables. Ces informations confirment une information du New York Times sur cette idée qui circule beaucoup depuis une semaine. L'idée a été soutenue lundi à Genève par le ministre australien des Affaires étrangères Kevin Rudd. Mais elle ne paraît pas encore faire consensus, et dépend en tout état de cause d'une décision du Conseil de sécurité de l'ONU. Le Premier ministre français, François Fillon, a quant à lui souligné que seule l'Otan pourrait mettre en oeuvre cette proposition.

Un exil de Kadhafi est "une possibilité" pour mettre fin à la révolte sans précédent qui secoue la Libye

Un exil de Kadhafi est "une possibilité" pour mettre fin à la révolte sans précédent qui secoue la Libye, a estimé lundi le porte-parole de la Maison-Blanche, selon qui les États-Unis "étudient" l'éventuelle imposition d'une zone d'exclusion aérienne dans ce pays. Lors d'une courte conférence de presse, Jay Carney s'est toutefois refusé à "spéculer" sur la possibilité de voir les États-Unis contribuer à un tel exil. "L'exil serait tout à fait une possibilité pour produire le changement" réclamé par les manifestants descendus depuis deux semaines dans les rues du pays, a indiqué Jay Carney, en répétant que le colonel Muammar Kadhafi devait "s'écarter" du pouvoir, comme l'avait déclaré pour la première fois samedi le président américain Barack Obama. Jay Carney a également affirmé que les États-Unis étaient en contact avec des groupes de la rébellion en Libye, mais qu'il était "prématuré" d'évoquer une reconnaissance de l'un ou de l'autre par Washington.

Le porte-parole a, par ailleurs, confirmé que l'idée d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, destinée à empêcher le régime de Muammar Kadhafi d'attaquer sa population, était à l'étude. "Nous avons dit qu'une zone d'exclusion aérienne était une possibilité que nous étudiions activement et dont nous discutions avec nos alliés et nos partenaires", a précisé Jay Carney, au moment où la secrétaire d'État Hillary Clinton se trouvait à Genève. "Nous réfléchissons activement à une zone d'exclusion aérienne (...), l'idée a été discutée", a expliqué à Genève un haut responsable américain requérant l'anonymat. "L'intérêt pour cette question (dans les médias) ne se retrouve pas dans les réunions", a-t-il pourtant aussitôt tempéré : "Cela reste un petit élément de la discussion."

Les États-Unis et leurs alliés européens et de l'Otan ont débattu lundi à Genève, en marge du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, des moyens de mettre fin aux violences en Libye et de hâter le départ du pouvoir du colonel Kadhafi. C'est le besoin de coordination, notamment entre les sanctions, qui a dominé ces débats, a souligné un autre responsable américain. Une zone d'exclusion aérienne "est un outil potentiel", mais "il a aussi des risques et des inconvénients", ont dit les responsables. Ces informations confirment une information du New York Times sur cette idée qui circule beaucoup depuis une semaine. L'idée a été soutenue lundi à Genève par le ministre australien des Affaires étrangères Kevin Rudd. Mais elle ne paraît pas encore faire consensus, et dépend en tout état de cause d'une décision du Conseil de sécurité de l'ONU. Le Premier ministre français, François Fillon, a quant à lui souligné que seule l'Otan pourrait mettre en oeuvre cette proposition.

les Libyens en révolte rejettent toute opération militaire de la communauté internationale

"Pas d'intervention étrangère, le peuple libyen peut y arriver seul", prévient une plaque en anglais sur une avenue de Benghazi : les Libyens en révolte rejettent toute opération militaire de la communauté internationale qui les déposséderait de leur soulèvement. Les représentants de la diplomatie internationale se concertaient de leur côté lundi à Genève pour définir l'aide humanitaire et politique à apporter à la population libyenne.

"Le reste de la Libye sera libéré par le peuple libyen", a affirmé dimanche à Benghazi (est) le porte-parole du comité de la révolution Abdelhafez Ghoqa, récusant "toute ingérence ou opération militaire étrangère". "Nous comptons sur l'armée pour libérer Tripoli", a-t-il assuré lors de l'annonce de la formation prochaine d'un "conseil national indépendant" pour représenter politiquement les régions du pays tombées aux mains de l'insurrection.

Contre des sanctions économiques

"Nous acceptons une interdiction de survol, mais pas de sanctions économiques qui pénaliseraient la population", a indiqué samedi l'avocat Fethi Terbil, un des animateurs du soulèvement. "Ce que nous voulons, c'est du renseignement, mais en aucun cas une atteinte à notre souveraineté aérienne, terrestre ou maritime", a-t-il ajouté, lors d'une rencontre avec des journalistes à Benghazi.

Après les sanctions contre le dirigeant libyen Muammar Kadhafi et son entourage adoptées samedi à l'unanimité par le Conseil de sécurité de l'ONU, l'interdiction de survol, déjà imposée par le passé au régime, était l'option pratique la plus couramment évoquée par la communauté internationale pour limiter la répression. L'intransigeance des responsables de l'opposition sur la souveraineté nationale reflétait l'opinion exprimée spontanément par de très nombreux citoyens libyens à la presse internationale sur place, y compris avant même que le sujet ne soit évoqué. "Il y a un très fort sentiment national en Libye", explique Abeir Imneina professeur de sciences politiques à l'université de Benghazi.

L'exemple de l'Irak fait peur (professeur de sciences politiques)

"De plus, l'exemple de l'Irak fait peur dans l'ensemble du monde arabe", souligne-t-elle, en référence à l'invasion américaine de 2003, censée apporter la démocratie dans le pays, puis par contagion à l'ensemble de la région, un scénario totalement démenti par les faits. "On sait bien comment cela s'est passé en Irak, qui se trouve en pleine instabilité, ça ne donne vraiment pas envie de suivre le même chemin. On ne veut pas que les Américains viennent pour finir par devoir regretter Kadhafi", poursuit-elle. Les États-Unis ont paru tenir compte de ce passif dans leur approche des mouvements de contestation arabes. "Nous sommes prêts à offrir toute forme d'aide que quiconque pourrait souhaiter de la part des États-Unis", s'est ainsi bornée à déclarer la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton avant son arrivée à Genève. Selon Abeir Imneina, "il y a aussi le sentiment que c'est notre révolution, que c'est à nous qu'il appartient de la faire". "Les Tunisiens et les Égyptiens ont réussi leur révolution et cela a généré une certaine jalousie", estime-t-elle : "Mes étudiants me demandaient pourquoi eux et pas nous ?".

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI)

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a annoncé lundi mener un examen préliminaire sur les violences en Libye, préalable à une éventuelle enquête pour crime contre l'humanité, à la suite d'une saisine du Conseil de sécurité des Nations unies. "Le bureau (du procureur) examine actuellement des allégations d'attaques à large échelle ou systématiques contre la population civile", a déclaré Luis Moreno-Ocampo lors d'une conférence de presse à La Haye. "Le bureau du procureur doit maintenant décider s'il doit ouvrir une enquête pour crimes contre l'humanité en Libye", a ajouté Luis Moreno-Ocampo.

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait adopté samedi à l'unanimité une résolution imposant des sanctions sévères au colonel Muammar Kadhafi, notamment, et transféré "la situation en Libye depuis le 15 février" au procureur de la Cour pénale internationale. Par cette résolution, les membres du Conseil de sécurité considèrent que "les attaques systématiques" contre la population civile en Libye "peuvent être assimilées à des crimes contre l'humanité".

Depuis l'entrée en fonction de la CPI, en 2002, le Conseil de sécurité n'avait transféré qu'une seule affaire à la cour, comme le permet le texte fondateur de la CPI, le statut de Rome. Le 31 mars 2005, l'ONU a demandé à Luis Moreno-Ocampo d'enquêter sur les violences commises au Darfour. La juridiction de la CPI peut en effet s'étendre à un État qui n'est pas partie prenante du statut, comme la Libye, si le Conseil de sécurité l'en charge. La CPI est le premier tribunal permanent chargé de poursuivre des auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocides commis depuis 2002.

L'ex-président égyptien Hosni Moubarak et sa famille proche sont interdits de quitter le pays

L'ex-président égyptien Hosni Moubarak et sa famille proche sont interdits de quitter le pays, et leurs avoirs en Égypte sont gelés, a-t-on appris lundi de source judiciaire égyptienne. Outre le président, qui a démissionné le 11 février, cette requête concerne son épouse Suzanne ainsi que ses deux fils, Alaa et Gamal, et leurs épouses Heidi Rasekh et Khadiga al-Gammal, selon cette source.

Hosni Moubarak, qui a quitté le pouvoir à la suite d'une révolte populaire et confié le pouvoir à l'armée, a, depuis, quitté Le Caire pour la station égyptienne de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, selon le gouvernement. Ni lui ni les membres de sa famille proche n'ont fait d'apparition publique depuis lors. Le 21 février, la justice égyptienne avait annoncé avoir demandé le gel des avoirs à l'étranger de l'ex-président et de sa proche famille. Selon le journal gouvernemental Al-Ahram, la famille Moubarak aurait "des comptes secrets dans des banques égyptiennes". Le journal cite des dépôts sur ces comptes de 147 millions de dollars pour Suzanne Moubarak, 100 millions pour Alaa et 100 millions également pour Gamal.

Justice

L'Égypte a lancé depuis la chute du président de nombreuses opérations judiciaires contre des personnalités politiques et économiques proches de l'ancien pouvoir, en invoquant le plus souvent des accusations de corruption ou de fraude. La corruption du système politico-économique égyptien était l'un des principaux griefs des manifestants qui ont fait tomber Hosni Moubarak. Ce sujet alimente également la grogne sociale et les demandes d'augmentation de salaires qui se sont multipliées après la chute du président.

Dimanche, la justice égyptienne a annoncé que l'ancien ministre de l'Intérieur Habib el-Adli allait être jugé à partir du 5 mars pour blanchiment d'argent. Ce procès, tout comme ceux des anciens ministres du Tourisme Zoheir Garranah et de l'Habitat Ahmad al-Maghrabi et de l'homme d'affaires Ahmad Ezz, un proche de Gamal Moubarak, se déroulera devant le tribunal pénal du Caire. Les quatre hommes, dont les comptes ont été gelés, avaient été interdits de sortie du territoire égyptien avant d'être placés en détention provisoire.
Plusieurs autres personnalités sont visées par des procédures d'interdiction du territoire ou des enquêtes financières.

Deux avions français transportant des médecins et du matériel médical vont partir pour Benghazi

Deux avions français transportant des médecins et du matériel médical vont partir pour Benghazi, deuxième ville de Libye, aux mains des opposants à Muammar Kadhafi, a déclaré lundi François Fillon sur la radio RTL. Le Premier ministre a souligné que "toutes les solutions" étaient actuellement à l'étude pour mettre fin au régime Kadhafi, tout en émettant des réserves sur le bien-fondé d'une opération militaire qui devrait nécessairement, selon lui, impliquer l'Otan.

"Dans quelques heures, deux avions partiront pour Benghazi, à la demande du gouvernement français, avec des médecins, des infirmiers, du matériel médical, des médicaments, et ce sera le début d'une opération massive de soutien humanitaire aux populations des territoires libérés", a annoncé François Fillon. "Nous étudions toutes les solutions pour faire en sorte que le colonel Kadhafi comprenne qu'il doit s'en aller, qu'il doit quitter le pouvoir", a-t-il expliqué, défendant le rôle "en pointe" de la France dans les décisions visant la Libye adoptées ces derniers jours au sein de l'Union européenne ou des Nations unies. "Je sais que l'on évoque des solutions militaires. Ces solutions font l'objet d'évaluations de la part du gouvernement français", a dit le Premier ministre.

Interdiction de survol du territoire

Paris étudie notamment l'option d'une interdiction de survol du territoire libyen, où la répression des soulèvements populaires par le régime Kadhafi a fait des milliers de morts. Cela empêcherait, entre autres, l'arrivée de mercenaires en Libye et interdirait à la famille Kadhafi de quitter le territoire. Cependant, cette solution se heurte à deux écueils, a fait valoir François Fillon. D'une part, elle "ne peut être prise que sur la base d'une décision du Conseil de sécurité des Nations unies, qui est loin d'être acquise aujourd'hui", et, d'autre part, "elle ne peut l'être que dans le cadre d'un opération conjointe avec des grands pays".

"Personne aujourd'hui n'a les moyens tout seul de réaliser cette opération. Il faudrait donc impliquer l'Otan et je pense qu'il y a là une réflexion à avoir. Est-ce que l'Otan doit être impliquée dans une guerre civile au sud de la Méditerranée ? C'est une question qui, pour le moins, mérite d'être réfléchie avant d'être lancée", s'est enfin interrogé le Premier ministre.

la démission dimanche du Premier ministre Mohammed Ghannouchi

On craignait déjà une reprise durable des affrontements, mais la démission dimanche du Premier ministre Mohammed Ghannouchi, sous la pression de la rue, a mis fin à 48 heures de violences qui ont fait au moins cinq morts à Tunis. C'est un ancien ministre, Béji Caïd Essebsi, qui a maintenant la délicate tâche de mener le pays jusqu'aux élections prévues avant la mi-juillet.

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«J'ai décidé de démissionner de ma fonction de Premier ministre. (...) Je ne serai pas le Premier ministre de la répression», a déclaré Mohammed Ghannouchi lors d'une conférence de presse, mettant en garde contre «un complot» tramé contre «la révolution». Selon des témoins, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées en soirée devant sa résidence, dans la proche banlieue de Tunis, pour lui exprimer leur soutien.

Béji Caïd Essebsi, plusieurs fois ministre sous Bourguiba

Le nouveau Premier ministre «est connu pour son patriotisme, sa fidélité et son abnégation au service de la patrie», a indiqué le président par intérim Foued Mebazaa. Réputé pour être un libéral, Béji Caïd Essebsi a été plusieurs fois ministre sous la présidence de Habib Bourguiba, notamment à la Défense et aux Affaires étrangères. En revanche, sa nomination est accueillie par les critiques de l'opposition.

«Nous nous attendons à la formation d'un nouveau gouvernement transitoire, en rupture totale avec l'ancien régime et qui fera l'objet d'une entente entre toutes les forces politiques dans le pays», assure notamment l'opposant de gauche Hamma Hammami. De son côté, le secrétaire général adjoint de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), Ali Ben Romdhane, s'interroge : «Comment peut-on s'assurer l'entente souhaitée pour sortir la Tunisie de la situation difficile lorsque le président ne se donne pas au moins 24 heures pour des consultations sur la désignation d'un Premier ministre, quel qu'il soit ?»

Circulation limitée dans le centre de Tunis

Un autre syndicaliste, Abdel Jalil Bedoui, conseiller de l'UGTT, pense que la démission de Mohammed Ghannouchi «va calmer l'opinion publique». Néanmoins, sur la place de la Kasbah, siège du gouvernement à Tunis, se poursuit le sit-in observé depuis une dizaine de jours pour réclamer le départ du Premier ministre. «Nous maintenons notre sit-in jusqu'à la formation d'une Assemblée constituante», explique le coordinateur Mohamed Fadhe, qui exige également la reconnaissance du Conseil de protection de la révolution, un collectif de l'opposition en cours de formation.

La situation reste tendue sur l'avenue centrale Habib Bourguiba, principale artère de Tunis et épicentre de la contestation. Lundi matin, la circulation était limitée et les boutiques et les cafés-trottoir ont gardé leurs rideaux baissés. Des renforts militaires ont été déployés près du ministère de l'Intérieur, principale cible des protestataires ces derniers jours.

LeParisien.fr